Au Détroit de la ville, j’ai marché. Les rues désertes m’ont aspiré. Sous la crasse, de mystérieuses traces ont déclenché mon enquête imaginaire. Les masures victoriennes, épiques et lugubres, se succédaient dans ces décors de ville morte. L’atmosphère fantastique m’envahissait. Ces décors fantasmagoriques évoquent à la fois les fééries enchantées d’un Walt Disney, l’angoisse insaisissable d’une psychose hitchcockienne et l’intrigue obsédante d’une demeure hantée. Mystifié, j’ai opéré un reportage onirique, cherchant fantômes et silhouettes, souvenirs ou inventions dans la décrépitude ambiante. Je me suis laissé tomber en enfance, là où l’on est sans cesse capable de sortir du réel, là où tout s’explique par des récits aussi rocambolesques qu’inattendus, aussi effrayants que ludiques.